“La fabrique de l’islamisme” : un rapport de l’institut Montaigne à l’épreuve du réel

“La fabrique de l’islamisme” : un rapport de l’institut Montaigne à l’épreuve du réel

L’Institut Montaigne, think tank d’inspiration libérale fondé par Claude Bébéar et dirigé par Henri de Castres, PDG d’Axa et président du comité de direction du groupe Bilderberg, vient de publier un rapport sur “la fabrication de l’islamisme” sous la direction de Hakim El Karoui (1). Cet ancien conseiller du premier ministre Raffarin et ancien directeur de la banque Rothschild pour l’Afrique et le Moyen-Orient avait déjà dirigé un rapport publié par le même institut : “Un islam français est possible”, voici tout juste deux ans (2).
Pourquoi ce nouveau rapport qui semble infléchir le précédent, lequel avait peut-être un peu trop rapidement donné une version commode de la possibilité d’intégration de l’islam dans la société française ? C’est précisément dans la prolongation de ce premier rapport que se situe le second, motivé par la question : pourquoi 28 % de ceux qui se déclarent musulmans en France sont-ils opposés aux lois françaises et engagés dans un processus de différenciation d’avec la société française ? Chiffre que l’on peut d’ailleurs corriger, car en regardant de plus près les réponses aux questions posées aux 5,6 % de personnes qui en France se déclarent musulmanes (10 % chez les moins de 25 ans), seuls 18 % des musulmans en France “sont favorables à la laïcité, ne formulent aucune revendication d’expression religieuse dans la vie quotidienne, qu’il s’agisse du monde du travail ou de l’école, ne souhaitent pas de nourriture halal à la cantine et sont très largement d’accord avec l’idée que la laïcité permet de pratiquer librement sa religion”.
Pour cela, les rédacteurs du nouveau rapport vont s’attacher dans un long et fastidieux parcours de près de 600 pages, à décrire le processus historique de formation de l’idéologie islamiste et sa diffusion dans le monde musulman et en Europe. Etablissant une typologie des différents courants de l’islamisme, du tabligh au salafisme en passant par le wahhabisme, les frères musulmans et le turco-islamisme qui en est une variante nationaliste, sans oublier le chiisme khomeiniste, il va en fait s’attacher à dédouaner les frères musulmans de leur responsabilité dans le développement du terrorisme islamiste, lesquels seraient d’ailleurs en perte de vitesse par rapport à la montée du salafisme auprès de la jeunesse musulmane. Et s’il constate l’importance croissante de ce courant salafiste, il le relativise en le divisant entre tendances quiétiste, révolutionnaire (c’est à dire terroriste) et politique.
Mais plus que cela, ce rapport vise à donner ses lettres de noblesse à l’islamisme en le qualifiant de “grande idéologie”, qui loin de se constituer contre l’Occident et la modernité, constituerait une idéologie autonome, qui proposerait une réelle alternative aux propositions d’un Occident en crise économique et morale.

Dans ce rapport qui vise à l’exhaustivité, il y a cependant un manque notable, celui du lien historique entre wahhabisme et monde anglo-saxon dans l’exercice de sa domination mondiale d’une part, et celui du lien notoire entre les frères musulmans, la secte concurrente du wahhabisme saoudien, fondée dans les années vingt en Egypte, et les Etats occidentaux, qui s’est récemment manifesté dans ce que l’on a appelé le “printemps arabe”. Qui relativise la prétendue “alternative autonome” que présenterait l’islamisme, et met plutôt l’accent sur son instrumentalisation, comme auxiliaire des modes de domination de l’Occident.
C’est peut-être pour cela que le rapport va jusqu’à faire une sorte d’éloge des frères musulmans (3), soulignant leurs capacités organisationnelles et leur pragmatisme, réussissant à mobiliser les musulmans sur des thèmes communautaires comme le halal, le foulard ou l’islamophobie, dans le cadre du débat politique national. Même s’il concède que lors de sa création ce mouvement avait en Egypte une branche militaire secrète, il postule une autonomie du “frérisme” en Europe, qui cherche à peser sur le débat politique et à obtenir une représentativité légale. Et s’il évoque le “tamkine”, la stratégie à long terme des frères musulmans qui viseraient, selon Mohamed Louizi, un frère musulman repenti, “à consacrer le pouvoir de Dieu sur la terre par étapes et par étages”, autrement dit le califat mondial, ainsi que la “taquiyah”, la pratique de la dissimulation, c’est pour concéder que “s’il existe, c’est plus un voeu pieux qu’un complot” (p. 307). Enfin le rapport exonère les frères musulmans de toute ressemblance avec le nazisme et le totalitarisme (p. 87), s’il reconnaît que, “comme l’a montré Brigitte Maréchal, l’islam des frères musulmans, y compris en Europe, est un islam total” (p. 324).
Ce rapport semble donc faire de l’existence des frères musulmans un facteur d’intégration de la communauté musulmane, car tout en la différenciant de la communauté nationale sur les plans religieux et identitaire, ils ne remettraient pas en cause le cadre national et la loi fondamentale, contrairement aux salafistes qui eux cherchent la rupture et pour certains, les “révolutionnaires”, la confrontation. Et il semble regretter leur perte d’audience, sur fond également de perte de vitesse du wahhabisme depuis que l’Arabie saoudite semble avoir renoncé au financement de l’extension du califat par la propagande, selon les récentes décisions prises par Mohammed Ben Salman, prince héritier et vice-premier ministre d’Arabie saoudite, au profit des salafistes, qui seuls présentent selon lui un réel danger, toutefois encore relatif.

C’est un tout autre son de cloche qu’a fait récemment entendre un professionnel de l’observation des signes de radicalisation dans la société française, qui se situe sur un autre plan que le rapport Montaigne, celui du terrain. Selon lui “il y a en effet un cheval de Troie islamiste qui utilise le flux des migrants qui arrivent avec des manipulateurs, avec des gens spécialisés dans la manipulation des armes, dans la manipulation des explosifs, mais ils ne viennent ici en France qu’en soutien aux cellules qui existent déjà. La théorie du loup solitaire est en train de petit à petit disparaître au profit de véritables réseaux. Sur les 4750 radicalisés suivis aujourd’hui, dix pour cent sont désignés comme cible prioritaire par les services. Si l’on fait le calcul, ça en représente à peu près 4 par département. Deuxième inquiétude : à partir du mois de mars 2019, 450 à 610 détenus vont sortir de prison, qui ont été détenus pour apologie du terrorisme ou pour soutien à un groupe ou à un groupuscule, et ceux-là vont venir se rajouter à ceux que l’on suit déjà et à ceux que l’on découvre tous les jours”.
Selon lui, alors que dans la Turquie kémaliste et l’Afghanistan d’avant les Talibans les femmes portaient des jupes courtes et pas de foulards, on voit partout se développer le voile intégral, noir, jusque dans les banlieues françaises. “On a maintenant 58 pays à constitution musulmane dont deux pays phares, le Qatar et l’Arabie saoudite, qui nous posent quelques soucis puisque c’est eux qui financent la construction des mosquées mais qui financent aussi la création d”associations musulmanes’ qui regroupent petit à petit des jeunes gens en difficulté qui vont trouver auprès de la mosquée un refuge chaleureux et un refuge d’écoute, ce qu’ils n’ont pas dans notre société”.
Evoquant les signes visibles de radicalisation, il cite “l’apparence physique pour un homme c’est de porter la barbe sans la moustache, de porter un pantalon dont le bas ne dépasse pas la hauteur des chevilles et de porter une forme de robe et un couvre-chef : cette sorte de bol sur lequel on installait auparavant un turban. L’équivalent du voile chez les hommes c’est le keffieh rendu célèbre par Arafat, qui était un laïc, contrairement à Cheikh Yassine qui lui n’était qu’un frère musulman, comme l’est le président Erdogan, comme l’était Ben Laden, comme l’était Abdullah Azam, le fondateur d’Al Qaïda, comme l’est al Maqdisi, un Jordanien défenseur du djihad global et mondial et dans lequel il invite tous les frères à se tourner vers les pays occidentaux impies et apostats, votre cible, le ventre mou du monde. Le ventre mou du monde c’est l’Europe et le ventre mou de l’Europe c’est la France”.
Cet observateur décrit “un environnement communautaire qui est en train de s’installer : c’est ‘je sors de ma cité, qu’est-ce que j’ai à côté de moi, j’ai la mosquée, qu’est-ce que j’ai à côté de la mosquée ? J’ai la boucherie halal, qu’est-ce que j’ai à côté de la boucherie halal ? J’ai l’épicerie, qu’est-ce que j’ai à côté de l’épicerie ? j’ai la librairie dans laquelle je peux acheter facilement un niqab, ça ne coûte que moins de 30 euros’. Tous ces produits viennent du Maroc bien évidemment, c’est la filière aujourd’hui, mais aussi du Pakistan”. Le rapport Montaigne décrit d’ailleurs le même processus à Trappes ou rue Jean-Pierre-Timbaud dans le 11ème arrondissement, et l’actuelle prise de contrôle des quartiers par les salafistes, grâce à cet effet de proximité.
L’observateur, lui, souligne, sur la base de sa connaissance du terrain, le danger constitué par les frères musulmans, qui utilisent notamment la théorie du complot anti-musulman : “Cela est relayé, rappelez-vous, par ce Tariq Ramadan, qui n’est ni plus ni moins que le petit-fils du fondateur de la confrérie des Frères musulmans, je vous ai rappelé quelques célébrités qui avaient été initiées chez les Frères musulmans : aujourd’hui ils sont très présents dans nos cités, s’installent petit à petit dans nos conseils municipaux et commencent à se faire élire. C’est ce qui s’est passé en Egypte, ils sont aujourd’hui maîtres de la bande de Gaza, ils sont aujourd’hui maîtres de la Palestine contre Israël, et ils risquent demain de devenir reconnus en tant que tels comme une force politique. Mais derrière cela chez les Frères musulmans ils n’ont qu’une seule idée en tête : l’application, faire entrer dans la constitution des pays dans lesquels ils vivent la charia comme loi obligatoire. Je vous rappelle que la charia se constitue de plusieurs éléments : du coran, des haddiths, c’est à dire ce qu’a dit ce qu’a fait le prophète, mais aussi de fatwas qui s’appuient sur les jurisprudences. Quelques exemples de charia très ouvertes : si une femme est accusée d’adultère et qu’il y a quatre témoins, elle sera lapidée. Lorsqu’une femme va se baigner dans la mer, si elle va en maillot de bain, elle risque de commettre l’adultère, puisque le mot mer en arabe est masculin et qu’elle a un contact avec un masculin sur ses parties intimes. C’est donc une condamnation d’adultère, c’est la lapidation. La lapidation existe encore de nos jours, on enterre la femme jusqu’à la taille et on lui jette des pierres jusqu’à ce que mort s’en suive”.
Les signes de radicalisation, “c’est aussi l’exigence de plus en plus de voir arriver le halal, c’est à dire ce qui est autorisé, opposé au haram, ce qui est interdit. Qu’est-ce que c’est que ce halal, c’est de dire : ‘moi je veux maintenant avoir à la cantine de la viande halal, je veux que mes enfants mangent de la viande halal'”. Cet opposition du halal et du haram, du “pur” et de l'”impur”, également évoqué par le rapport Montaigne, mais qui la limite au corps, structure en fait la vision du monde des islamistes, et les rapports avec les non-musulmans, puis que cela concerne également le mariage : si un musulman peut épouser une non-musulmane, qui devient de ce fait musulmane, une musulmane ne peut épouser un non-musulman, et l’abandon de la religion musulmane est interdite et punie de mort.
Mais toujours selon cet observateur, les revendications témoignant d’une radicalisation touchent également des éléments de la culture populaire française : “‘je veux qu’à Noël il n’y ait plus de guirlande, il n’y ait plus d’étoile sur les arbres de Noël, mais qu’il y ait simplement des boules parce que les boules sont neutres’. Il y a a certains haddiths effectivement, explique l’observateur, que l’on va rechercher et dans lesquels on peut effectivement trouver que l’étoile peut représenter d’autres religions qui ont précédé la religion de l’islam qui est né en 610. C’est pour ça qu’on a vu à Noël 2017 des arbres avec simplement quelques boules autour. Mais ils vont disparaître petit à petit. Les crèches ont disparu il y a de cela quelques années. Alors que si Issaf fils de Maryam – pas Jésus fils de Marie, ni Jésus fils de Dieu – est cité plus de cent-quarante fois dans le coran, le prophète Mohamed n’est cité que six fois, et ce prophète lui-même dit qu’il tient ses prophéties de ses prédécesseurs : Moïse, Salomon, David et Jésus bien évidemment”.

Mais lorsque l’observateur en arrive aux signes de radicalisation dans l’entreprise, c’est l’avalanche : “ces signaux en entreprise inquiètent de plus en plus le monde de l’entreprise et inquiète les patrons. On voit notamment se développer depuis un certain nombre de mois, je dis bien de mois, depuis la fin de l’année 2017, des nouveaux comportements qu’on ne voyait pas auparavant : nous avons dans des sociétés de transport des personnes, des chauffeurs, des hommes et des femmes. Et bien certains chauffeurs refusent de s’asseoir dans le bus après le passage d’une femme, parce que celle-ci peut être en situation que vous savez tous deviner et que par conséquent elle aurait pu souiller par sa présence, sa respiration – c’est pas moi qui le dis c’est eux – le bus. Donc par conséquent quand moi je gère une société de bus, qu’est-ce que je fais vis-à-vis de ce salarié qui est mécontent, et bien je paye une désinfection du bus, 4000 euros à peu près. Ou alors je vais commencer petit à petit à dédier des bus à des femmes et dédier des bus à des hommes. Donc quand on me parle d’égalité hommes-femmes juridiquement, je me situe dans une situation extrêmement compliquée”.
Et il poursuit : “voilà un des signes que l’on peut voir : c’est le détournement des locaux ou des moyens de travail. Détournement des locaux : c’est utiliser le local à balais pour aller faire sa prière trois fois par jour par exemple. C’est aussi un détournement d’attitude, c’est de dire : ‘effectivement chez Leroy-Merlin je vais porter la tenue Leroy-Merlin, mais une fois que je serai en formation je viendrai en djellaba’. Qu’est-ce que va faire à ce moment-là le formateur ? Qu’est-ce que va faire à ce moment-là le chef de service ?”.
Il rappelle que la loi El Khomri dispose que “l’entreprise est un lieu d’expression religieuse”, cela ne s’invente pas. Qui plus est, si le foulard peut être autorisé quand l’employée n’est pas en contact avec le public, “la croix est interdite en pendentif suite à un arrêt de la cour de cassation de novembre 2017 : une femme s’est plainte qu’au moment de se faire soigner par une infirmière qui portait une croix, lorsque celle-ci s’est baissée vers elle, la croix l’a touchée et elle considérait avoir été blessée par la croix”.
Beaucoup plus grave, les revendications islamistes seraient relayées par les organisations syndicales : “Aujourd’hui 34% des femmes musulmanes déclarées dans l’entreprise souhaitent porter le voile. Parmi les revendications sont notamment demandés le port de signes religieux, la prière pendant la pause, l’aménagement du temps de travail, le refus de travailler sous les ordres d’un homme ou d’une femme. Et tout ça ce n’est pas une création, c’est les grandes centrales syndicales qui ont repris ces revendications à leur titre. Lorsque l’on a suivi les grèves de la SNCF : SUD Rail présente ses leaders syndicaux devant un drapeau qui a changé de couleur, il est devenu vert, blanc et noir : vert la couleur du prophète, le blanc la couleur des Omeyyades, le noir la couleur des Abassides : ce sont les empires qui ont succédé au prophète et à ses califes. Et SUD Rail est marqué noir sur fond vert avec des gens ostentoirement salafistes. Et donc qu’est-ce qui se passe ? Il y a aussi là un détournement syndical : ‘en tant que syndicat, je vais porter ta revendication comme étant une revendication face à un droit qui est donné, qui est écrit par ces mécréants et ces apostats'”.
Pour finir, l’observateur lance un avertissement, remarquant qu’il n’est pris en compte que par “quelques sénateurs et quelques députés” : “dans les années ou dans les mois qui viennent, quand Bouteflika va laisser le pouvoir en Algérie, il va y avoir une forte majorité de jeunes gens, 60% de la population a là-bas moins de vingt ans, qui va se retrouver dans une situation économique très difficile et qui va tourner les yeux vers le nord en regardant de l’autre côté de la Méditerranée. Deuxième élément : nous allons avoir à partir des années 2025-2030, cinq millions de Français qui vont naître, vivre et mourir sans jamais travailler parce qu’on n’aura pas de travail pour eux, c’est la prospective qu’on a fait avec d’autres centres d’observation. C’est à dire que ces personnes là il va falloir quand même qu’elles mangent, qu’elles vivent, qu’elles prient”.

C’est pourquoi l’on peut se demander si le rapport de l’Institut Montaigne sur “la fabrique de l’islamisme” ne vise pas à promouvoir un modèle d’intégration de l’islamisme dans la société française et sur l’échiquier politique en minorant le danger subversif qu’il représente, quitte à pratiquer la politique de l’autruche. Observons cependant que cette valorisation de l’islamisme, une “grande idéologie”, souligne le fait qu’il s’agit d’une “idéologie mondialisée” (p. 266), opposée au patriotisme (p. 193), ce qui pourrait en faire un auxiliaire efficace de la stratégie mondialiste de relativisation/destruction des nations.
Par l’effort d’érudition, parfois intéressant, qui est le leur, les auteurs de ce rapport cherchent également à se poser en interlocuteurs incontournables du projet énoncé par le président Macron lors du congrès de Versailles le 9 juillet dernier, de fixer “des cadres et des règles dès l’automne permettant à l’islam de s’exercer partout de manière conforme aux lois de la République”.
Le précédent rapport Montaigne, cité au début de cet article, avait laissé entendre que ce cadre pourrait être économique et passer par la taxation de la viande halal, pour financer notamment la construction des mosquées et la formation d’imams français formés au respect des institutions françaises. Le présent rapport revient sur ce projet en reconnaissant qu’il ne ferait que durcir davantage le repli d’une communauté sur elle-même plutôt que d’aider à son intégration.
Suggérons que cette intégration de l’islam en France ne pourra en fait s’effectuer que par la tenue d’un concordat, comme cela a déjà été proposé, conduisant à ce que la religion musulmane en France se soumette explicitement aux lois et aux usages français, comme le font toutes les autres religions. Car l’on ne voit pas pourquoi elle ne s’y plierait pas, sauf à s’en exclure d’elle-même.

Frédéric Saillot, le 24 septembre 2018

 

(1) https://www.institutmontaigne.org/publications/la-fabrique-de-lislamisme

(2) https://www.institutmontaigne.org/publications/un-islam-francais-est-possible

(3) Le logo des frères musulmans figure en illustration de l’article