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Svetlana Aleksievitch, Oles Bouzina et la fin de l'homme rouge
Les propos que le prix Nobel de littérature 2015 a tenus le 20 juin dernier à un jeune journaliste de l'agence de presse Regnum, Sergueï Gourkine (1), sont passés inaperçus ici en France, tant dans la presse officielle que dans celle dite alternative. Ils méritent pourtant qu'on s'y arrête. En désaccord avec la plupart des positions publiques de l'écrivaine, le journaliste lui propose un dialogue en toute franchise, ce qu'Aleksievitch accepte d'un "ça va sûrement être intéressant". Mais dès que le jeune homme, originaire de Kharkov, aborde le sujet de la crise ukrainienne, elle dérape, essaie de se reprendre, pour finir par lui déclarer "foutez moi la paix avec votre interview à la con, je n'en peux plus ! Vous n'êtes pas quelqu'un avec qui l'on peut discuter, mais un vrai tas de propagande !" Et de lui interdire de le publier. Ce qu'il va cependant s'empresser de faire, sous le titre : "'Vous n'êtes qu'un vrai tas de propagande !' L'interview interdit d'Aleksievitch telle qu'en elle-même". Le jour-même, Gourkine est viré du journal "Le Pétersbourg des affaires", où il écrit également.

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