Après le massacre de Charlie-Hebdo

Après le massacre de Charlie-Hebdo

Après le massacre de Charlie-Hebdo

N’en déplaise à ceux qui soutiennent mordicus que les Kouachi se sont levés au matin du 7 janvier en se disant : “Tiens, et si aujourd’hui on allait se faire les journalistes de Charlie-Hebdo pour essayer nos kalachs toutes neuves ?”, plus de 7 mois après le massacre, rien n’est rendu public de l’enquête, si tant est qu’il y en ait une en cours. ” Nasser al-Wuhayshi (est) le cerveau des frères Kouachi. L’aîné des frères s’est radicalisé auprès du fondateur d’al-Qaida dans la péninsule arabique, lequel n’a eu de cesse de réussir une action d’éclat en Occident” claironne cependant en titre Le Point deux jours après le massacre. Et tout juste quatre mois après, le 7 mai dernier, Libération prétend que “Nasser al-Ansi, stratège militaire du réseau extrémiste, qui avait revendiqué au nom d’AQPA l’attaque contre «Charlie Hebdo», a été tué par un drone américain au Yémen”. Rideau ? “Circulez y’a plus rien à voir” ? Pourtant des zones d’ombre, comme l’on dit, qui confinent à l’obscurité profonde, demeurent : le magasin casher, où Coulibaly a perpétré un troisième attentat le 9 janvier pour faire diversion pendant la fuite des Kouachi, a été vendu par son propriétaire, parti s’installer à New-York, la veille de la prise d’otages (1). Et le début d’enquête sur ces événements pourrait bien avoir été stoppé net. Le 8 janvier, au lendemain du massacre de Charlie-Hebdo, Le Populaire du Limousin informe en effet que “Le numéro 2 du service régional de police judiciaire de Limoges s’est donné la mort dans son bureau, dans la nuit de mercredi à jeudi, en se tirant une balle dans la tête”. Son nom est tu. Le journal indique cependant que l’homme de 44 ans, originaire de Limoges, y était revenu en août 2012 après avoir passé deux ans à Cherbourg en tant que commissaire central. Il indique également qu'”il  travaillait sur une mission de la police judiciaire dans le cadre de l’affaire Charlie Hebdo”. Le même jour, France 3 Limousin précise que “le commissaire Helric Fredou s’est donné la mort cette nuit à 1 heure”, ajoutant qu'”il travaillait hier soir sur l’affaire de la tuerie au siège de Charlie Hebdo. Il avait notamment enquêté auprès de la famille de l’une des victimes. Il s’est tué avant même de remettre son rapport” (2). Précisons que l’enquête portait en fait sur la famille de Jeannette Bougrab, la compagne occasionnelle et controversée de Stéphane Charbonnier, dit Charb, rédacteur en chef de Charlie-Hebdo. Coïncidence ? Lorsque Fredou est en poste à Cherbourg, le ministre de l’Intérieur Cazeneuve est député-maire de la ville. Secrétaire de la commission de Défense de l’Assemblée nationale, il est également le rapporteur de la mission parlementaire sur l’attentat de Karachi, dont les victimes sont majoritairement du Cotentin, sur lequel il écrit un livre : Karachi, L’Enquête impossible. Pour couper court à toute interrogation sur ces faits troublants, des journaux comme Valeurs Actuelles crient à la “théorie du complot”, en évoquant “l’étrange rumeur sur le suicide du numéro 2 de la police judiciaire de Limoges” dans son édition du 30 janvier.

Revenons cependant à l’événement lui-même : certes il a soulevé une réprobation générale, mais personne n’a souligné que les Kouachi, s’attaquant lâchement par surprise à des hommes désarmés, s’en sont pris au comité de rédaction d’un journal en train de siéger, c’est à dire à l’une des institutions de la société française, dans le plein exercice d’une des libertés fondamentales qui constituent le caractère démocratique de cette société. Et ce, quoi que l’on puisse penser de l’orientation ancienne du journal, et celle plus récente imprimée par les Val et autres Fourest. Ces membres éminents du clergé intégriste laïciste et ellegébétiste, n’avaient en effet plus rien à voir avec l’esprit de l’ancien Hara-Kiri Hebdo (3), “journal bête et méchant”, celui de Cavanna, Reiser, Choron, Cabu et Wolinski – ces deux derniers tombés sous les balles des assassins – dont il faut préciser qu’il n’était pas un journal d’informations mais un journal satirique, dont la vocation était donc de se moquer de l’actualité, dans une fonction carnavalesque utile à la bonne santé d’une société. Quelle est la portée de cet événement ? Quelles leçons faut-il en tirer ? Quelles conséquences entraîne-t-il ?
D’abord, un constat, les Kouachi, qui ont lâchement assassiné, y compris des musulmans, l’ont fait au nom du fondateur de la religion musulmane, tel qu’ils se le représentaient et telle qu’ils se la représentaient, représentations qu’il conviendrait d’interroger. Ensuite, ils sont nés en France, ils ont été élevés dans une famille et ils sont passé par l’école française. Institutions qui n’ont pas accompli leur rôle et notamment la dernière, qui, pourtant, tenue par un lobby puissant tant professionnel qu’idéologique, a systématiquement jeté par dessus bord tout ce qui fonde la civilisation française pour mieux intégrer les enfants d’immigrés, la plupart de culture musulmane, à commencer par son histoire et sa littérature, dans le cadre d’un formatage général à la mass-culture mondialiste. Cela a commencé au milieu des années 70, lorsque Giscard décide le regroupement familial des immigrés, venus jusque-là en séjour de travail, quand son ministre de l'”Education” fonde le collège unique et proscrit l’enseignement chronologique de l’histoire, premier pas vers une destruction que l’institution s’acharnera à mener systématiquement à terme, ce qui s’accomplit sous nos yeux avec la ministre Vallaud-Belkacem, au moment même où les Kouachi passent à l’action. C’est dire s’il y va de la responsabilité et de ceux qui ne se sont pas intégrés à la société française, et de l’institution dont la fonction était de le leur permettre.
Ensuite une remarque : la démocratie et les institutions qui la fondent, parmi lesquelles la liberté de la presse et la liberté d’expression qui nous intéressent ici, sont certes gravement remises en cause actuellement par l’intégration dans l’UE et, pire encore, qui signalerait sans aucun doute sa mort, par l’intégration transatlantique en projet, ainsi que par le monopole de la parole publique par des oligarques sponsorisant un lobby politico-médiatique lui aussi très puissant. Mais elle sont encore une référence qui fait sens, au terme d’une longue histoire, et c’est en leur nom que l’on peut résister à l’entreprise totalitaire qui voudrait n’en faire que des coquilles vides. L’attentat réalisé par les Kouachi, anéantissant la représentation d’une de ses institutions, s’en est pris ainsi aux fondements mêmes de la démocratie, et pose la question de son universalité, telle que la proclament les néo-conservateurs américains et leurs agents locaux, s’imaginant qu’il suffit de fomenter des coups d’Etat et des interventions militaires néo-coloniales partout dans le monde pour parachever un marché mondial normé par les compagnies américaines et la finance internationale.
Car faisons ici un bref rappel : la démocratie est le fruit d’une longue histoire, et elle ne naît pas seule, ou accompagnée du seul marché. Lorsqu’elle voit le jour en Grèce, elle n’est que l’un des éléments d’un ensemble dont les autres s’appelèrent la tragédie puis la comédie, l’histoire et la philosophie, qui elles-même prenaient la suite des mythes. Et ce n’est qu’au terme d’une longue évolution dans la société, les arts, les lettres et le développement technique et économique qu’elle renaît pleinement en Occident, espace marqué par une religion chrétienne où, après des siècles de commentaires judaïques, prolongés plus tard par l’islam, Dieu révèle qu’il n’est qu’amour – fait de parole pour les uns, événement essentiel pour les autres – offrant le spectacle misérable de sa mort, crucifié entre deux vauriens, avant de ressusciter. Amour au sein duquel tous sont universellement conviés à être égaux, hommes et femmes, juifs et non-juifs, quels que soient les contresens et les instrumentalisations des jeux de pouvoirs ultérieurs. Cet espace, qui reste culturellement profondément chrétien, est maintenant largement sécularisé, mais les questions posées par l’arrivée massive et récente de l’islam dans la société française amène à s’interroger sur ce qui a conduit à créer une société moderne et apaisée, sur la façon dont elle a résolu le problème du théologico-politique, posé à la fondation de toute société, dans la laïcité. Autrement dit, l’islam, avec la conception particulière qui est la sienne du théologico-politique, peut-il s’intégrer tel quel dans la société française ou doit-il se réformer pour y parvenir ?

C’est à cette question qu’un récent colloque organisé par l’Académie de géopolitique de Paris le 4 juin à l’Assemblée nationale a tenté de répondre. Son titre  programmatique, “Laïcité et islams”, laisse entendre qu’au sein de ce qu’il est convenu d’appeler l’islam, il y a plusieurs manières d’aborder ce thélogico-politique, à commencer par la différence fondamentale entre chiisme et sunnisme, qui porte notamment sur le califat, et donc sur la confusion du temporel et du spirituel, que distingue très nettement le christianisme, opérant une rupture essentielle dans l’aventure anthropologique. Rupture qui n’a pas toujours été entendue au sein de l’espace chrétien et encore actuellement avec d’un côté la théologie de la libération qui confond marxisme et Evangiles et de l’autre la devise “in God we trust” inscrite sur le dollar, qui se voudrait monnaie de référence universelle et qui indique bien la nature du contresens opéré par les fondateurs puritains de la nation américaine. En effet, lorsque le Christ prononce la parole souvent citée : “Ce qui est à César, rendez-le à César, et ce qui est à Dieu, à Dieu”, il le fait à propos d’un denier servant aux Juifs à payer l’impôt au gouverneur de Rome occupant la Judée. La police politique pharisienne envoie régulièrement des agents pour essayer de prendre publiquement le Christ en défaut dans son enseignement et le faire emprisonner par les agents d’Hérode pour subversion. “Faut-il payer l’impôt à César ?” l’interrogent-ils un jour. Le Christ leur demande de lui montrer une pièce servant à payer l’impôt, où figure l’effigie de César. C’est alors qu’il prononce la séparation (4).
Remarquons cependant que s’il a cherché à interroger les rapports entre islam et laïcité, ce colloque s’est rarement interrogé sur ce que son intitulé entendait par islams au pluriel, à l’exception du représentant du Conseil islamique chiite supérieur libanais Hassan al Akim (5) et de l’islamologue Bassam Tahhan (5), lequel a d’emblée distingué l’islam wahhabite ou celui des Frères musulmans – dont il a d’ailleurs conseillé l’interdiction – qui prônent la violence contre l’autre de l’islam, de l’islam de France qu’il appelle de ses voeux, et qui prendrait racine dans les tendances réformatrices et rationnalistes de la tradition islamique.
Il revenait au député Jacques Myard d’ouvrir les débats (5). Observant que “la question des relations entre le politique et la religion (…) au fil de l’histoire de l’humanité” s’est posée dans toutes les sociétés du monde, il a rappelé le conflit qui eut lieu à la fin du 13ème siècle et au début du 14ème, entre le roi de France Philippe IV le Bel et le pape Boniface VIII concernant le paiement à l’Etat de l’impôt par l’église de France, illustration du conflit entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, qui finit par l’emporter sur ce point. Myard voulait montrer par là que la fameuse loi de 1905 disposant de la séparation des églises et de l’Etat, tout en garantissant le libre exercice des cultes, venait au terme d’une longue histoire.
Rappelons cependant que déjà, dans les Pays-Bas bourgeois, prospères et libéraux du 17ème siècle, le Juif marrane (6) portugais Baruch de Spinoza avait écrit le Traité des Autorités thélogiques et politiques. Né au moment de la publication du Discours de la méthode de Descartes et suivant des études talmudiques, il sera banni et frappé d’anathème par la synagogue d’Amsterdam pour libertinage (7). Dans son Traité, il interroge longuement l’histoire juive et suit l’évolution de l’établissement d’un Etat théocratique par Moïse, seul capable de s’entretenir avec Dieu et tenant là la source de sa légitimité, mais opérant déjà très rapidement une distinction entre le spirituel et le temporel en instaurant le corps des lévites voués au culte, sous l’autorité de son frère Aaron. Et c’est à la lutte pour le pouvoir entre lévites et chefs de tribus qu’il attribue la décadence ultérieure de l’Etat juif et sa dispersion finale. Montrant le progrès qu’a constitué le christianisme, la relation de l’homme à Dieu ne se manifestant désormais plus que par “l’Esprit divin et dans les coeurs”, et par là même universalisable, quand une théocratie ne convient qu’à un peuple enfermé dans ses frontières et considérant les autres comme des ennemis, Spinoza démontre cependant à nouveau que l’impasse des monarchies occidentales fut la conséquence des luttes de pouvoir, des abus du clergé et de la volonté de domination du “pontife de Rome”, évoquée par Myard, puis bientôt du schisme protestant. Pour finir, Spinoza montre la nécessaire primauté du politique sur le spirituel et la supériorité de la démocratie, où les hommes transfèrent leur droit naturel à une Autorité collective plutôt qu’à Dieu, régime fondé sur la raison, quand le droit naturel ne vise qu’à la satisfaction des passions de chacun. Son dernier chapitre est cependant consacré au “problème central de ce livre” : la distinction que fait Spinoza entre la liberté de penser et celle de s’exprimer, qui en est la conséquence. Si la première est par nature inaliénable, et un régime qui obligerait à penser conformément à ce qu’il ordonnerait provoquerait l’exil intérieur et l’opposition résolue des meilleurs, la seconde doit nécessairement mettre en oeuvre les ressources de la raison, sinon elle est fondée sur les passions, sème la discorde et mène à la sédition. Et Spinoza de se passer de préciser quel régime serait le garant de la plus grande liberté individuelle, raison ultime de la constitution en société.
Invoquant à la suite de Myard la nécessaire connaissance de l’histoire, le recteur Dumont (5) a rappelé qu’avant la loi de 1905, la France post-révolutionnaire avait passé un concordat avec les religions présentes alors sur le territoire français, en 1801 d’abord, puis en 1807 avec la religion israélite, à l’occasion pour cette dernière d’une assemblée de délégués répondant à 12 questions parmi lesquelles : “- est-il licite aux juifs d’épouser plusieurs femmes ?”, ou “- quelle juridiction de police exercent les rabbins parmi les juifs ? quelle police judiciaire ?”. Comme il l’avait déjà fait en 1987, au vu de l’arrivée massive d’une population immigrée de culture et de religion musulmane sur le territoire, prévoyant des tensions qui n’ont pas tardé à se déclencher peu après sur un plan médiatique avec l’affaire du voile de Creil et l’appel au meurtre lancé contre l’écrivain Salman Rushdi, auteur des Versets sataniques, par l’ayatollah Khomeiny au pouvoir à Téhéran, Dumont propose donc la tenue d’un concordat entre l’Etat et les musulmans de France. Cette proposition de bon sens, qui permettrait une pleine intégration de cette religion et le maintien de la concorde sociale, pourrait se faire sur le même modèle avec des questions adaptées. Sauf à penser qu’elle est directement transposable telle qu’elle est pratiquée dans d’autres cultures en Afrique ou au Moyen-Orient, ou bien encore manipulée par des prêcheurs salafistes, wahhabites, Frères musulmans et autres islamistes de tous poils.
A ce sujet, l’exposé d’Hassan al Akim (5) a été fort éclairant. Après avoir brossé un intéressant tableau des islams dans l’histoire et la géographie, il a a abordé la question des relations entre islams et laïcité, qui pour lui ne signifie pas la liberté de conscience telle qu’elle est garantie dès le premier article de la loi du 9 décembre 1905, mais “la mise à l’écart du religieux” qui “trouve un allié dans le confort matériel et la civilisation des loisirs que favorise le développement technologique”. L’on pourrait partager avec lui cette mise en cause post-soixante-huitarde de l’hédonisme des sociétés modernes, mais la suite est plus surprenante. En effet, c’est toute la modernité et l’amélioration des conditions de vie des hommes qu’il condamne, dans une formulation témoignant d’un mépris des pauvres et de la démocratie : “le confort matériel donne, même aux plus pauvres de ce monde, une illusion de force et un orgueil que ne possédaient pas les rois avant dans le passé : téléphones portables à 2 euros pour un pauvre par exemple, voyage par le train, alors que le roi il était obligé d’aller à cheval ou en charrette etc., et il se fatiguait pour quelques kilomètres, et les murs de bétons qui protègent de la nature et les soins médicaux gratuits. Il y a une illusion de force qu’on ne pouvait pas avant (sic)”. Il ne se rend pas compte que ce disant, il dresse en creux l’image d’un dieu qui obligerait les hommes à rester exposés à la nécessité pour le révérer et à demeurer sous le joug d’un roi qui, lui, disposerait non seulement d’un pouvoir absolu mais encore de toutes les commodités. Et son appel à une conception modérée de la laïcité, tout-à-fait recevable à l’égard de ceux qui confondent laïcité et athéisme d’Etat, s’accompagne cependant d’une revendication de l’imposition de moeurs telles que les conçoit un islam rigoriste, proche en cela de l’islamisme, dans l’espace social occidental : “la décence des vêtements, par exemple, n’est pas un signe, mais une norme (sic), qui vise à se faire respecter en société, au lieu de séduire, à garder un équilibre intérieur et à préserver la famille dont la stabilité et le maintien dépendent de la maîtrise de l’instinct sexuel”. Nous ne demanderons pas à al Akim ses recettes sur ce dernier point, observons que dans un déni de ce que Roland Barthes nommait une sémiologie du vêtement, il voudrait voir imposer la norme de sa “décence” dans un espace civilisationnel où vêtement et jeu de la séduction signalent une société adulte. Société qui assume la dimension sexuée des rapports humains dans ses moeurs et sa culture, plutôt que de les refouler comme dans la société villageoise et normée que nous propose al Akim.
On peut cependant lui savoir gré d’avoir traité le sujet, et d’avoir offert, sur des exemples concrets, la possibilité de réfléchir aux difficultés que présentent l’adaptation d’une conception de l’islam telle qu’il la défend, à la société occidentale.
Ce qui n’est pas le cas de l’islamologue Ghaleb Bencheikh (5), animateur de l’émission Islam sur France 2, qui, associé à Abdallah Zekri, président de l’Observatoire national contre l’islamophobie, dans une commune dénonciation de la convention des Républicains sur l’islam le même jour, témoigne d’un très net refus communautariste à ce que la société française dans son entier débatte de ce sujet. Selon lui en effet,  il est “bizarre que l’on soumette à une tranche de la nation ce qui concerne l’autre tranche”, et ce refus du débat et de la concertation démocratiques soutient sa dénonciation des “hiérarques musulmans qui se sont aplatis” en se rendant à cette convention. Rien de moins que le recteur de la Mosquée de Paris, ancien président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, accompagné de son successeur, Anouar Kbibech, et de son vice-président Hafiz Chems-Eddine, habilités, pour le moins, à représenter l'”autre tranche” de la nation, dans une convention réunie par “une tranche” des institutions politiques françaises, au sein de laquelle se trouvent évidemment des militants appartenant cultuellement ou culturellement à l'”autre tranche”. Selon Bencheikh en effet, dans sa conception de la nation française découpée en “tranches” ou, dans une curieuse variation métaphorique, en “franges”, “ça n’incombe pas à une formation politique de s’y pencher ni au gouvernement d’ailleurs, de régenter le culte islamique, c’est une affaire qui doit être une affaire interne à la frange islamique de la nation”. Ce refus communautariste est d’autant plus incompréhensible que pour Bencheikh, la question posée est celle de “construire une nation commune” – comme si elle n’existait pas déjà depuis des siècles – ce qui suppose au minimum que les problèmes posés par les interprétations radicales d’une religion nouvellement apparue en son sein soient débattus en commun. Mais ce défaut de logique dans le raisonnement de Bencheikh apparaît également dans le sujet qu’il a choisi de traiter plutôt que celui proposé par le colloque : celui de l'”islamophobie”, qu’il propose même de qualifier de “misislamie”, qu’il traite de façon absolue sans jamais montrer comment elle se manifesterait concrètement. Si bien que lorsqu’il concède, en contradiction avec le refus précédemment évoqué, que “nous (i. e. l'”autre tranche/frange” dont il serait le porte-parole ?) sommes demandeurs de débat, nous sommes demandeurs d’échanges et même de critiques constructives”, concernant une “refondation de la pensée théologique islamique”, à laquelle il “s’est égosillé à appeler”, l’on est en droit de se demander s’il ne va pas nous faire le coup de l'”islamophobie”, quoi qu’il en dise dans une prosopopée dénégatoire : “Ah !… de grâce ne nous mettez pas ce concept (l’islamophobie) en avant parce que vous allez faire en sorte qu’on ne critique plus l’islam !”.

Abdallah Zekri (5), lui, a utilisé le colloque comme une tribune, au point que l’on peut se demander s’il n’a pas cherché à réaliser un putsch au sein du Conseil français du culte musulman, dont il est le trésorier et le futur secrétaire général, faisant état d’une décision commune de ne pas se rendre à la convention des Républicains le même jour : “finalement il y a eu trahison, et quand on trahit on devient des traîtres (sic), et quand on est des traîtres on n’a plus sa place au sein du CFCM”, a-t-il déclaré sans ambages, ce qui laisse prévoir des relations orageuses au sein de cette instance créée par Sarkozy en 2003, et dont l’on comprend que certains de ses membres prennent très mal un débat sur l’islam de France et encore plus la perspective d’un concordat, étant donnée l’ampleur des attributions qui lui ont été dévolues à l’époque par un ministre de l’Intérieur déjà sans doute plus préoccupé par des relations fructueuses avec le Qatar (8), sponsor des Frères musulmans, et ignorant jusqu’à la différence entre chiites et sunnites (9) :  “le CFCM intervient dans les relations avec le pouvoir politique français, dans la construction des mosquées, dans le marché des aliments halal, dans la formation de certains imams, dans le développement de représentations musulmanes dans les prisons et dans l’armée française, dans la nomination d’aumôniers dans les hôpitaux, et dans la construction de carrés réservés aux musulmans dans les cimetières. Il essaye de coordonner les dates des fêtes religieuses (dont celles du ramadan)” (10).
La défense de ces prérogatives institutionnelles conduit Zekri au refus catégorique d’un islam de France : “l’islam de France pour moi je l’ai jamais rencontré, je l’ai jamais vu et si je le rencontre, je changerai de rue”, avant d’asséner en guise d’argumentaire : “parce que le jour qu’on dira (sic) le christianisme de France, le judaïsme de France, peut-être j’accepterai l’islam de France”. Chiche ? Parce que le christianisme de France, qui n’est pas l’anglicanisme de Grande-Bretagne, ni la Contre-Réforme baroque italienne, ni le protestantisme nordique, ni les sectes puritaines américaines évoquées plus haut, ni  non plus l’orthodoxie, – laquelle n’a connu ni l’Inquisition ni les Croisades, aveuglément imputées à un “christianisme” pris comme une totalité, mais dont elle a au contraire pâti, et dont il faudrait s’interroger si elles ne constituent pas une perversion du christianisme, réponse mimétique à la conquête musulmane – existe bien. Cela montre à quel point la nécessaire connaissance de l’histoire de la France, “fille aînée de l’église”, de sa culture et de sa civilisation, est un préalable nécessaire à l’insertion d’une religion qui ne l’a intégrée que récemment. Suggérons à Zekri de se pencher sur les oeuvres du prélat quiétiste Fénelon qui devancent celles des philosophes des Lumières par exemple, ou celles de son adversaire Bossuet, ou encore l’engagement des prêtres-ouvriers au XXème siècle, le christianisme social de Marc Sangnier ou bien encore le personnalisme d’Emmanuel Mounier, grand-père de la laïcité en Syrie et dans le monde arabe selon Tahhan. Toutes ces voix singulières déclinent des aspects particuliers du christianisme de France. Et l’on ne voit pas pourquoi la présence de l’islam en France ne permettrait pas l’éclosion d’un islam de France.
Quant au refus de Zekri de distinguer islam et islamisme (11), dénonçant sommairement “certains (qui) avancent à visage masqués en essayant de faire la différence entre islam et ce concept fabriqué de toute pièce, islamisme, pour se livrer à un discours islamophobe”, il faudrait qu’il fasse preuve de plus de logique lui aussi. N’utilise-t-il pas en effet lui même ce concept, lorsqu’il dénonce “les actes barbares que portent les extrémistes islamistes qui salissent les vraies valeurs de l’islam : paix et tolérance” et les “actes terroristes qui ont endeuillé le pays par des islamistes criminels qui se revendiquent de l’islam pour commettre de tels crimes”? La distinction qu’il effectue à bon escient entre islam et islamisme, ne permet-elle pas de protéger les musulmans ordinaires de tout amalgame ? Il est sans aucun doute plus dans son rôle lorsqu’il dénonce les actes perpétrés contre des musulmans et des lieux de culte, et lorsqu’il remarque qu’ils ont très fortement augmenté en janvier dernier, au moment des attentats. Ce qui montre d’ailleurs la nécessité d’une pleine reconnaissance de l’islam par un aggiornamento de l'”islam présent en France”, pour reprendre l’expression utilisée par le professeur Patrick Dombrowsky, directeur de l’Observatoire d’analyses des relations internationales contemporaines, qui concluait le colloque. Que cela prenne la forme d’un concordat et/ou celle d’une nécessaire réforme de la pensée théologique islamique proposée par Bencheikh et Tahhan (12), dans les conditions proposées par la France, pays où la raison, la démocratie et la liberté d’expression ont encore cours, contrairement aux pays où l’islam est religion d’Etat, et peut donc ainsi difficilement se réformer et s’adapter aux exigences du monde moderne.
Evoqué par une participante au débat, Abdennour Bidar est sans doute un autre acteur majeur de cette réforme à venir. Peu avant les massacres de janvier, juste après l’assassinat d’Hervé Gourdel par l’Etat islamique en Algérie, en septembre 2014, cet ancien normalien, philosophe et animateur de l’émission Cultures d’islam sur France-Culture, écrit une Lettre ouverte au monde musulman (13), dont il se présente comme l’un des fils éloignés, nourri depuis son enfance par le soufisme et la pensée occidentale, et auquel il s’adresse ainsi : “Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d’enfanter un monstre qui prétend se nommer Etat islamique (…). Mais le pire est que je te vois te perdre (…) dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine”.
Et il précise les causes de ce qu’il nomme “l’état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance de monstres terroristes aux noms de Al Qaida, Al Nosra, AQMI ou “Etat islamique”. Lesquels ne sont que des symptomes d’un “immense corps malade”, dont il énumère alors les maladies chroniques : “impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion; difficulté chronique à améliorer la condition des femmes dans le sens de l’égalité, de la responsabilité et de la liberté; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l’autorité de la religion; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses”. Il dénonce lui aussi la “régression obscurantiste du wahhabisme”, répandue “à partir des lieux saints de l’Arabie saoudite”, ou la copie de ce que l’Occident a de pire : “ce développement sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes “élites” richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie mondiale qu’est le culte du dieu argent”. Enfin il dénonce la trahison par l’islam de son propre texte fondateur : “Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l’islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l’Etat que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu’à l’intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d’imposer que l’islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu”Il n’y a pas de contrainte en religion'”.
Et pour remédier à cette maladie mortelle et ne plus enfanter de monstres voici ce qu’il recommande au monde musulman : “C’est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l’éducation que tu donnes à tes enfants, dans chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon les principes universels (même si tu n’es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. C’est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, conclut-il, et si tu ne le fais pas tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction”.
Et l’on ne peut pas dire que Bidar effectue cette critique en trahissant l’islam, dont il rappelle qu’il a créé “tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et (qu’)il a puissamment éclairé l’être humain sur le chemin du mystère de l’existence”.
En tout cas cet avertissement, trois mois avant les massacres de janvier, montre à quel point non seulement la société française et ses représentants politiques sont en droit de prendre en charge une nécessaire réflexion sur l’islam de France, en collaboration avec les institutions représentatives de l’islam de France, mais qu’ils en ont le devoir.
Encore faut-il que ce soit dans un véritable souci du bien commun et non pas pour des considérations électoralistes : se disputer les voix du Front National, estimé comme le meilleur garant des droits de la nation française, ainsi que celles des Français de culture ou de religion musulmanes. Et c’est sans doute pour cela que les politiques sont très divisés sur ce sujet, quand ils ne font pas mine de l’ignorer par manque de courage ou de clairvoyance, faisant ainsi preuve d’un négationnisme quasi-officiel. La convention des Républicains sous le titre emblématique de “L’islam et la république” tenue le même jour que le colloque sur “Laïcité et islams”, n’était donc pas sans arrières-pensées de la part d’un Sarkozy qui fait retour dans un ancien/nouveau parti rebaptisé Les Républicains, en vue des présidentielles de 2017 qui, avec l’échec économique du mandat en cours, aura probablement ce sujet pour thème principal. Pour cela Sarkozy se dispute une star montante de la droite avec son ancien collaborateur Xavier Bertrand, qui a choisi de faire cavalier seul pour les primaires de novembre 2016. Il s’agit de Gérald Darmanin, tout jeune élu du Nord où il est né. Descendant d’un grand-père harki et héros de la France Libre et d’un autre grand-père juif maltais (14), formé au lycée privé des Francs-Bourgeois à Paris puis à Science Po-Lille, vite aspiré dans les instances dirigeantes de l’UMP où il a adhéré en disciple de Philippe Séguin, il devrait jouer un rôle non négligeable dans la stratégie de reconquête du vote populaire et de concurrence avec le Front national, ainsi que de démarchage d’un électorat musulman plutôt conservateur sur les questions sociétales, concoctée par Sarkozy.
Face à cela, le PS a très rapidement voulu montrer qu’il n’était pas en reste : dès le lundi 15 juin, alors qu’il était jusque-là muet sur ces questions, tiraillé entre le laïcisme intransigeant affiché par un Valls et le communautarisme des Verts ou du Front de gauche, le gouvernement augmente la mise en lançant une nouvelle “Instance de dialogue” avec l’islam de France, une sorte d’assemblée concordataire telle que la proposait le recteur Dumont, qui devra réunir chaque année des représentants locaux du culte musulman et des représentants des pouvoirs publics afin de faire face, comme l’annonce Valls à grand fracas, au « grand défi des années qui viennent : faire la démonstration que l’islam est totalement compatible avec la démocratie, avec la République, avec l’égalité des hommes et des femmes, avec le dialogue » (15). Cette assemblée aura donc à traiter quatre “chantiers” : 1) la sécurité et l’image de l’islam; 2) la construction des lieux de culte; 3) la formation des “cadres religieux” et 4) les pratiques rituelles.
L’on peut cependant douter des capacités de la classe politique française à prendre les mesures nécessaires en vue du bien de tous. Car cela devra passer par une reconstruction de l’école mais aussi par de profonds changements structurels comme notamment une libération de la tutelle américaine et le recouvrement d’une véritable indépendance nationale passant par celui de la maîtrise des frontières. Cela suppose une refonte de l’Union européenne telle qu’elle a été conçue par les fédéralistes, dans le sens d’une Europe des nations, unies par une coopération étendue à l’espace eurasiatique, et très probablement une sortie de l’euro. Et cette classe politique, dominée par une véritable cinquième colonne agissant contre les intérêts nationaux, en est bien incapable, impliquée comme elle l’est dans la mise en place du projet mondialiste en cours de réalisation sous direction américano-germanique, dont les migrations accélérées par le chaos délibérément installé au Moyen-Orient et en Afrique sont l’un des moyens, quand l’autre est la destruction des cultures, des identités nationales et des institutions qui les garantissent : les frontières, la monnaie, les Etats et bientôt les langues. Prenons un exemple : celui des “migrants” de Calais. La campagne “humanitaire” des médias aux mains de l’oligarchie, visant à faire accepter ces “nouvelles migrations” par une opinion publique européenne apitoyée et/ou culpabilisée, omet de préciser que les entrées massives et spectaculaires sous le tunnel de l’Eurostar cet été, totalement improductives et dangereuses, ont été organisées par des militants “no border” (16), nébuleuse internationale pour l’abolition des frontières et des nations, active également en amont des flux migatoires comme dans les îles grecques, dont l’idéologie rejoint celle des oligarchies mondialistes, et que la fameuse “Jungle” de Calais est “administrée” par un “bénévole”, François Guennoc (17), en fait responsable de Greenpeace-Lille (18), quand elle est en réalité tenue par les réseaux mafieux de passeurs (19).
Quelles sont les perspectives de renversement nécessaire du cours de cette politique globale, qui fait le malheur des peuples ? Citons l’article que l’économiste Jacques Sapir a publié sur son blog (20) à l’occasion du 10ème anniversaire du référendum du 29 mai 2005, où les Français avaient rejeté à une large majorité l’adoption d’une constitution fédérale européenne. Vote honteusement bafoué par un vote commun du PS et de l’UMP au congrès de Versailles en février 2008, sur une manipulation de Sarkozy, conduisant à l’adoption du traité fédéraliste de Lisbonne et à la perte de souveraineté que nous connaissons actuellement, aggravée par la décision au même moment du même Sarkozy de réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.
Partant du constat que les deux grands partis qui se sont partagés le pouvoir depuis 30 ans pour mettre en oeuvre le projet fédéraliste ne représentent plus rien, Sapir explique que “l’espace politique structuré par les idées souverainistes est en passe d’être hégémonisé par le Front National, (…) dès lors, pour tous ceux qui ont voté « non » en 2005, il y a dix ans de cela, se pose la question de leurs relations avec (ce parti)”. Car “dans un espace politique où la question de la souveraineté, c’est-à-dire celle de l’Etat, est aujourd’hui la question centrale en cela que toutes les autres en dépendent, il faudra bien l’aborder de face et trancher ou renoncer”. Pour Sapir, que l’on ne peut soupçonner de sympathies pour l’extrême-droite, la perte de légitimité de l’UMP, rebaptisée LR, et du PS, indique que nous sommes entrés en période révolutionnaire et qu’il convient de faire alliance avec le FN, comme au moment de la Résistance au sein du CNR, un FN qui a selon lui en partie réalisé “un cheminement compliqué, et seulement en partie réalisé, qui a conduit d’une formation clairement d’extrême droite vers un grand parti populiste”, bénéficiant en cela de l’échec du Front de Gauche de Mélanchon après l’élection de 2012. Et s’il y a des contradictions dans le camp des souverainistes, il faut qu'”on établisse une trêve sur ce qui divise afin de nous concentrer sur ce qui nous unit” car “l’objectif principal (est) celui du rétablissement de la souveraineté”, Sapir étant persuadé, à juste titre, “que dans la lute contre le TAFTA (Traité de libre-échange transatlantique) tout comme celle contre la réforme des collèges et la casse de l’éducation nationale, c’est en réalité la souveraineté que l’on défend”. L’on peut selon lui avoir des points de vue différents sur tous ces sujets, mais dans la période actuelle, “il faudra si ce n’est les faire taire, du moins les réguler pour qu’elles n’empêchent pas la constitution d’une large alliance”. Car “entre la souveraineté et l’utopie fédérale, il faudra choisir” (21).

Frédéric Saillot, le 22 août 2015.

(1) http://www.laprovence.com/article/actualites/3320506/marseille-il-a-rachete-lhyper-cascher-de-vincennes-la-veille-de-lattentat.html
(2) Selon M. Miguel, directeur par intérim de la PJ de Limoges, dans un entretien téléphonique avec Eurasie Express le 13 août, une enquête sur les circonstances de la mort d’Helric Fredou est encore en cours. Selon Michel Garrandaux, procureur de la République de Limoges, interrogé par téléphone le 24 août par Eurasie Express, cette enquête, close au début de l’été, a conclu à l’absence de lien entre le décès d’Helric Fredou, selon elle un suicide, et l’enquête portant sur le massacre de Charlie-Hebdo. Toujours selon Michel Garrandaux, le rapport d’autopsie a été remis à la famille d’Helric Fredou à sa demande.
(3) Rappelons que le titre de Charlie-Hebdo a été créé suite à l’interdiction d’Hara-Kiri Hebdo par le ministre de l’Intérieur Marcellin le 17 novembre 1970, pour avoir titré à l’occasion de la mort du général de Gaulle le 9 novembre  : “Bal tragique à Colombey : 1 mort”, lequel faisait référence, dans l’esprit Hara-Kiri fort mal compris en ces temps de bégueulisme imposé par le clergé du politiquement correct, à l’incendie d’un dancing une semaine auparavant, le 5-7 à Saint-Laurent-du-Pont en Isère, qui avait fait 146 morts. Une semaine après, le journal satirique reparaissait, sous le titre de Charlie-Hebdo, que l’on peut donc considérer comme un hommage à la mémoire de Charles de Gaulle, à la façon d’Hara-Kiri hebdo.
(4) Matthieu XXII, 15-22, Marc XII, 13-17, Luc XX, 20-26.
(5) Voir les vidéos des interventions dans “Nos vidéos” sur la page d’accueil.
(6) Marranes : en Castille et au Portugal, juifs demeurés fidèles au judaïsme, en dépit d’une conversion plus ou moins forcée et d’une pratique apparente du christianisme. (Persécutés par l’Inquisition, ils furent nombreux à émigrer).
(7)Au 17ème siècle, ce terme est à prendre au sens intellectuel et désigne la liberté de penser en dehors des dogmes religieux.
(8) “La première rencontre entre le président français et l’émir Al-Thani remonte au passage de Nicolas Sarkozy Place Beauvau. Ministre de l’intérieur, celui-ci songe déjà à la présidentielle et développe, avec son conseiller Claude Guéant, un réseau de contacts à l’étranger, au croisement de la politique, des milieux d’affaires et des services secrets”, Le Monde du 22/03/2012.
(9) https://www.youtube.com/watch?v=5fP4d4Hl9Rk
(10) Wikipédia, article Conseil français du culte musulman.
(11) Voir à ce sujet mon article Islam et islamisme dans Archive du site d’Eurasie Express.
(12) Voir aussi “Islam de France : la voie est ouverte”, dans “Le contrepoint de Bassam Tahhan” sur le site d’Eurasie Express.
(13) Marianne, 13/10/2014 : http://www.marianne.net/Lettre-ouverte-au-monde-musulman_a241765.html
(14) http://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/ump-la-parole-est-aux-militants-22-10-2012-2255569.php
(15) http://www.lepoint.fr/societe/islam-premiere-reunion-d-une-instance-de-dialogue-15-06-2015-1936455_23.php#xtref=https://www.google.fr/
(16) Témoignage du brigadier-chef Nicolas Comte, secrétaire-général adjoint du syndicat SGP-FO : https://www.youtube.com/watch?v=UjnQ2jy867Y
(17) https://www.youtube.com/watch?v=DHuIJjG8J4M
(18) http://www.lavoixdunord.fr/region/boulonnais-francois-guennoc-la-voix-de-greenpeace-ia31b49030n1825891
(19) http://m.leparisien.fr/nord-pas-de-calais/calais-la-distribution-de-repas-aux-migrants-perturbee-par-des-passeurs-07-10-2014-4194755.php
(20) http://russeurope.hypotheses.org/3875
(21) Dans une interview au Figaro sur le bilan d’étape de la crise grecque, Sapir vient d’ailleurs de revenir sur la nécessité de constitution dans les pays de l’UE de “fronts de libération nationale” : http://russeurope.hypotheses.org/4225.