De l’influence de la Fédération de Russie

Depuis qu’il a accédé au pouvoir, voici bientôt vingt-deux ans, le président Poutine n’a eu de cesse, plutôt que de parachever la révolution eltsinienne, de rétablir la puissance perdue de l’URSS. Ce qui s’est traduit, tout en conservant certaines réformes de son prédécesseur, notamment sur le plan économique, par le rétablissement progressif de traits du régime qui avait pourtant apporté la preuve de son caractère criminel et de son échec.
Avec une poignée de fidèles, qui vont bientôt constituer un clan, et l’appareil coercitif, dont il avait dirigé l’avatar du KGB juste avant d’accéder au pouvoir, il s’y est attelé avec obstination, jusqu’à sembler trouver une consécration dans la récente reconnaissance par le président Biden de la Fédération de Russie comme “pays puissant et fier”, à l’instar des Etats-Unis d’Amérique, lors de leur rencontre à Genève le 16 juin dernier (1).

Dans une interview accordée récemment au journal Kommersant (2), s’il reconnaît à l’actuel “modèle de développement de la Russie” d’avoir “conservé l’unité du pays et rétabli son statut de grande puissance sur l’arène internationale”, Dmitry Trenine, directeur de Centre Carnegie de Moscou, observe qu'”en même temps les tâches de développement du pays paraissent au-dessus de ses moyens”. Il faudrait, pour y parvenir, “un Etat, dans le plein sens du terme, ce qui en Russie n’en est encore seulement qu’à l’état de projet”. Car “nous avons un régime politique relativement stable, mais sa stabilité à un niveau décisif dépend de la capacité du premier personnage à légitimer le système économico-politique aux yeux de la majorité de la société et à paraître l’arbitre incontesté des querelles internes”. Cependant “cette capacité ne se transmet pas avec le poste de président”. De plus, constate-t-il, “une part significative des ‘serviteurs de l’Etat’ se servent eux-mêmes, ils servent leurs intérêts privés ou ceux de leur clan, et non pas la Russie”.

Sa formation d’officier du renseignement de l’armée soviétique, où il a servi une vingtaine d’année avant de prendre la direction du Centre Carnegie en 1995, conduit cependant Trenine, quinze jours avant la rencontre Poutine – Biden, à postuler à une confrontation permanente avec l'”Ouest”, et à envisager dans ce cadre la perspective absurde d’un développement autarcique de la Russie. Comme solution au “régime personnel”, il ne voit que “l’oligarchie ou le chaos”, ce qui le conduit à proposer une “modernisation” du modèle de gouvernement actuel, “afin qu’il n’empêche pas la croissance mais la stimule”. Un voeu pieux fondé “non sur l’espoir d’un ‘Tsar modernisateur’, mais sur celui d’une transformation progressive des élites et le mûrissement de la société”. Le raisonnement partait de bonnes prémisses pour aboutir à une conclusion hasardeuse, et il fait l’impasse sur l’évolution récente du “régime politique” impulsée par Poutine, et son changement de nature à partir de 2014, qui le rapproche toujours davantage d’un régime autoritaire, sinon totalitaire.

Rappelons que le 30 octobre 2007, dans le cadre de la Journée des victimes de la répression politique, instaurée en 1991, à la surprise générale, le président Poutine s’était rendu sur le site de Boutovo, dans la banlieue de Moscou, où ont été fusillées 20 000 victimes de la terreur stalinienne en 1937-1938. Il y a déclaré : “la période des purges staliniennes a été particulièrement tragique. Son échelle a été gigantesque : on a déporté, fait disparaître et fusillé des millions de personnes. Et notamment celles qui avaient leur opinion propre, et qui n’avaient pas peur de l’exprimer. Aujourd’hui encore nous ressentons en Russie les douloureuses conséquences de cette tragédie”. Une élite de la société russe, qui a fait défaut lorsqu’il s’est agi d’opérer la révolution démocratique de 1991. Sans compter l’élite massacrée ou partie en exil après 1917. L’on ne comprend pas que dans ces conditions, le patriote que prétend être Poutine marche sur les traces d’un Staline en éliminant toute une partie de l’élite actuelle, celle constituée par l’opposition, qualifiée de “hors système”, ce qui est déjà une façon de procéder à son élimination politique, voire physique.

Le coup d’envoi d’une répression généralisée, après les grandes manifestations de janvier en soutien à Alexeï Navalny, a été donné par une “journaliste” qui entretient une relation particulièrement privilégiée avec le pouvoir, dont elle est le porte-voix, Marguerite Simonian, rédactrice en chef de Russia Today (RT). Le 11 avril dernier, elle a en effet déclaré à l’émission quotidienne de Vladimir Soloviev, autre porte-voix, vociférant, du pouvoir : “je souscris à ce que vous dites Vladimir Volfovitch (Jirinovski), il faut anéantir la 5ème colonne d’ici le 1er mai” (3). Le fasciste Jirinovski, dans une émission consacrée à une guerre jugée inévitable avec l'”Ouest”, réagissait ainsi peu auparavant à la remarque de Soloviev, selon qui les “revanchards des années 90”, d’après lui nombreux, attendraient leur heure pour reprendre le cours interrompu par la parenthèse Poutine : “l’Assemblée fédérale aura lieu dans dix jours, il faut que Poutine y déclare que toute la 5ème colonne devra être détruite d’ici le 1er mai, toute entière, sur tout le territoire de notre pays'”, s’est-il mis à hurler.

Plus souple, Simonian proposait quant à elle d’utiliser le terme “écarter” : “il s’agit de prendre des décisions et de faire des déclarations publiques, de les marginaliser, cela doit être fait”. Faisant état des faiblesses de la Fédération de Russie en matière d’internet dans la guerre hybride qui se préparerait contre elle, elle a en outre décrété un “régime de mobilisation stalinienne afin de s’y préparer”. Un mois jour pour jour après cette émission, elle recevait “la prime internationale de la Société impériale orthodoxe de Palestine pour travail bienfaisant et civilisateur envers la patrie” des mains de sa vice-présidente, Anna Gromova (4). Qui n’est autre que l’épouse d’Alexeï Gromov, le responsable de la presse au Kremlin, lequel dicte la ligne des informations sur les chaînes fédérales russes, notamment Rossiya 1/Planeta (5). Et à qui Simonian doit sa nomination à la tête du réseau international en ligne Russia Today/RT, qui participe à la politique d’influence du Kremlin de par le monde. La SIOP compte au nombre des institutions de la Russie impériale que le “régime politique” façonné par Poutine a récupérées, afin de se donner plus de légitimité, dans un patchwork détonnant avec les références toujours plus nombreuses à l’Union soviétique. Le président de la nouvelle SIOP se trouve être Sergueï Stepachine, brièvement Premier ministre avant que Boris Eltsine ne nomme à ce poste Vladimir Poutine, à l’instigation de Boris Berezovsky. Ancien dirigeant des services, comme l’est Poutine, Stépachine se targue d’ailleurs d’avoir réussi à convaincre Eltsine de ne pas débarrasser la place Rouge de la momie de Lénine.

Poutine bien sûr n’a pas repris le 21 avril ce que lui suggérait Jirinovski, mais les actes ont suivi. Depuis en effet, une avalanche de répression s’est abattue sur l’opposition, sous des prétextes divers, afin d’empêcher les figures les plus en vue de se présenter aux élections à la Douma en septembre. Le pouvoir est en effet en très nette perte d’audience auprès de la population : quand Poutine fait encore 64 % de satisfaits, un chiffre cependant en baisse, comparable à celui qu’il obtenait en 2011-2013, lors des grandes manifestations contre la fraude électorale, Russie Unie ne compte plus que 25 % d’opinions favorables sur tout le territoire, et seulement 15 % à Moscou. Il s’agit donc, comme Loukachenko l’a fait avec ses concurrents aux présidentielles biélorusses en août 2020, d’empêcher de se présenter tous ceux qui pourraient porter la contestation et animer des débats au sein de l’Assemblée, laquelle siègera au moment de la transition du pouvoir en 2024. Et qui en perd d’ores et déjà sa légitimité. Face à ce danger, lors du congrès de Russie Unie le 20 juin, Poutine a démis Dmitry Medvedev, pourtant président du parti, qui poursuit ainsi sa dégringolade, de la conduite de la liste Russie Unie pour la campagne électorale, en en chargeant les ministres des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et de la Défense Sergueï Choïgou, ce qui montre la dimension internationale qu’il entend donner à ce scrutin, au détriment de la politique intérieure.

Après la tentative d’empoisonnement dont il a été victime, Navalny est en prison. Il n’a même pas été convoqué au procès à huis clos contre son organisation, déjà déclarée “agent de l’étranger”, intenté par le procureur de Moscou, Denis Popov. Sur lequel le FBK avait réalisé une vidéo décapante sur ses propriétés au Montenegro, en Espagne, dans la banlieue de Moscou et sur les rives de la Volga, qui a fait plus de 9 millions de vues (6). Le motif en était “la volonté de créer les conditions d’un changement de constitution, notamment par l’utilisation d’un scénario de ‘révolution colorée'”. Elle a été déclarée organisation “extrémiste” et interdite, alors que ses avocats du “Commando 29” – dont l’un, Ivan Pavlov, avait même été privé d’utiliser son téléphone et l’internet par décision judiciaire – n’avaient pu prendre connaissance du dossier, très volumineux, que pendant la session, sous la surveillance de la cour, et avaient même été contraints de quitter la salle avant l’énoncé du verdict. La Douma, dans un prurit répressif de fin de session, a complété le tout en interdisant aux membres du FBK de se présenter aux élections, avec effet rétroactif. Sont également menacés de poursuites tous ceux qui d’une manière ou d’une autre auraient participé aux activités du FBK, que ce soit en le citant sur les réseaux sociaux ou en lui ayant versé des dons.

En conséquence, la juriste du FBK Lioubov Sobol, déjà entrée en campagne à Moscou, s’est vue obligée de retirer sa candidature, et s’en est expliquée le 14 juin sur Facebook (7) : “Selon un sondage du Centre Levada en mai, 17 % des Moscovites me soutiennent, tandis que dans ma circonscription, d’après un sondage que nous avons réalisé auprès de 800 personnes du 28 mai au 8 juin, ils sont 29,1 %. C’est un taux supérieur à celui dont bénéficie l’actuel speaker de la Douma Volodine et d’autres célèbres ‘russie-unistes’, supérieur à celui de Nicolas Gontchar”, son concurrent, inamovible député de Russie Unie, après l’avoir été du PCUS. Et elle poursuit : “ma popularité enrage le pouvoir. C’est précisément pour cela que Russie unie et Poutine ont pris une loi m’interdisant de participer aux élections : la loi interdisant de prendre part aux élections les personnes ayant pris part à des activités extrémistes, qu’on nomme souvent ‘la loi anti-Sobol'”. Et elle conclut : “dans ces conditions, quand des poursuites judiciaires sont lancées pour collecte de dons dans le but de mener la lutte contre la corruption ou simplement pour participation à des manifestations pacifiques, je ne puis garantir la sécurité de mes volontaires, de mes collaborateurs et de mes donateurs dans la campagne électorale. Toutes leurs données seront aux mains du pouvoir”.

Selon des sources proches du Kremlin, il ne reste donc plus aux navalnystes comme outil pour peser sur les élections que le “vote intelligent”, qui consiste à faire voter pour le candidat le mieux placé contre celui de Russie unie (8). L’un d’elles a déclaré que “les élections vont consister à rebattre les cartes du même jeu contrôlé par le Kremlin, parce que les partis et les candidats qui seront autorisés à se présenter sont dans la poche du pouvoir”, assurant que “pour nous tout ira bien”. Une autre a qualifié le vote intelligent de “mouvement de colère qui peut causer quelque dommage politique, mais pas au point de sérieusement déstabiliser le parti au pouvoir”. Qui s’en trouve cependant d’ores et déjà davantage discrédité. Le 26 mai dernier la radio Echo de Moscou a interviewé le député LDPR Sergueï Ivanov (9), qui avait voté contre la loi interdisant aux participants des “organisations extrémistes” de se présenter aux élections. Selon lui cette loi prive des citoyens de leur droit constitutionnel à participer aux élections. Il a proposé à la Douma de mener des enquêtes avec des experts sur les faits de corruption dénoncés par Navalny dans ses vidéos, de façon à l’inculper s’il a menti, mais personne n’a répondu, si ce n’est qu’il fallait “défendre la patrie contre les agents d’influence”. Il ne se représentera donc pas, car, “dans les conditions présentes, la configuration de la prochaine Douma sera conforme aux nécessités du parti du pouvoir, sans que le vote intelligent puisse y remédier”. De plus selon lui, la nouvelle constitution adoptée en juillet 2020, ôte désormais tout pouvoir à l’Assemblée.

D’autres concurrents potentiels de Russie unie sont écartés sous des prétextes divers, ou exilés, comme Dmitry Goudkov, qui était en pourparlers avec Iabloko pour présenter sa candidature. Arrêté en même temps que sa tante, à qui il était reproché des loyers impayés, il lui a été signifié dès sa sortie de garde à vue qu’il devait quitter le pays s’il ne voulait pas s’exposer à des suites plus graves. Oppositionnel connu et fils de Guennady Goudkov, ancien officier du KGB et figure historique de l’opposition, il dénonce lui aussi la corruption endémique en Fédération de Russie. Mais la vague de répression actuelle ne touche pas que des personnalités connues, ce qui montre à quel point le mouvement de contestation s’étend et se renforce dans la société russe. Peu d’informations circulent sur les licenciements massifs d’employés du métro de Moscou, et d’autres administrations, qui s’étaient inscrits sur le site free.navalny, en vue de la manifestation du 21 avril, dont les données ont été récupérées par le FSB. Le télécanal Dojd a recueilli à ce sujet la déclaration du dirigeant du syndicat “Métro de Moscou, Vassili Cheliakov, selon qui le nombre des licenciés était de plus de 100 à 200 employés (10).

A cette répression tous azimuts, il faut ajouter une loi prise par la Douma en avril, qui soumet à l’autorisation du pouvoir toute activité éducative ou culturelle, critiquée par l’Académie des sciences de Russie (11), car cela dissuaderait la venue de spécialistes étrangers. De la communication de recettes de cuisine à la conférence universitaire, elle expose en effet à des poursuites tout contrevenant, et instaure un office de censure. A défaut de pouvoir créer son propre réseau internet comme le réclamait Simonian, des amendes sont régulièrement imposées aux diffuseurs d’internet, dans une montée en puissance progressive du contrôle de la communication. D’autre part est mis en place actuellement un projet de centralisation des caméras de surveillance, qui pourrait s’accompagner de l’utilisation de “caméras intelligentes”, capables de lecture fine de données et d’analyses. Ce qui peut être utile pour la prévention des crimes, mais peut aussi poser problème pour la sécurité de l’information. Selon Nicolas Komlev, administrateur de l’association des entreprises informatiques et de technologie de l’information : “On peut comprendre la logique du pouvoir, qui veut avoir toutes les données sous la main, mais en cas de fuite de données, un utilisateur malveillant peut avoir accès à des informations ultra-sensibles. Il pourra non seulement traquer vos mouvements par la ville, mais aussi analyser en perspective vos actions littéralement pas à pas” (12).

De quoi s’agit-il sinon mettre la société sous surveillance ? Récemment la vidéaste Xenia Sobtchak, ancienne candidate aux présidentielles de 2018, a interviewé le cinéaste Andreï Kontchalowski, au sujet de son film à la gloire du régime soviétique, Chers Camarades, primé à la Mostra de Venise (13). Il n’hésite pas à déclarer qu’il comprend bien les “tchékistes”. “Dans quel sens ? demande Sobtchak – Comme des gens qui accomplissent leur devoir, comme n’importe quelle structure de force, répond-il avec énervement”. Elle lui demande quels liens il entretient avec eux. Il cite alors Berdiaev : “L’Etat n’est pas là pour transformer la vie terrestre en paradis, mais pour l’empêcher de se transformer en enfer”. “Et empêcher l’enfer, c’est la violence, explique-t-il, nul ne peut nulle part s’en protéger, c’est un fait de la vie. Il y a autre chose : la vie soviétique était fondée sur la peur. Quand j’ai fait le film, je n’y ai pas pensé, mais c’est un film sur la peur. Dans cet Etat, la peur était importante. Mais pourquoi la peur est-elle nécessaire ? Il y a la peur de Dieu, et la peur de l’Etat, et la peur de l’Etat était très forte en Russie… – Et maintenant elle est forte ? l’interrompt Sobtchak. – Maintenant malheureusement, je dis bien malheureusement, il n’y a pas de peur. Il y a de l’apathie, mais pas de peur”.

“Il devrait y en avoir ? insiste Sobtchak. – Oui, répond-il avec force. – Pourquoi ? – Parce qu’un homme sans peur devient par principe inhumain – Il y a une nouvelle génération, lui fait-elle observer, la première génération de la Russie contemporaine qui n’a pas connu l’Union soviétique, qui ne sait pas ce que c’est qu’un guébiste, ce que c’est qu’un fourgon noir (14), une génération de gens libres ne connaissant pas la peur, peut-être que c’est bien ? C’est peut-être par ignorance, mais ils n’ont peur d’aucune espèce d’Etat – Je ne sais pas, je pense que n’importe quelle culture est avant tout une limitation, déclare-t-il, une auto-limitation. Tu comprends, la civilisation européenne, l’endoctrinement dans les valeurs européennes, ça a pris trois siècles, du seizième au 18ème siècle. L’homme libre n’est pas celui qui ne craint rien, l’homme libre c’est celui qui connaît ses droits et ses obligations. Ne connaître que ses droits, c’est peu, il faut connaître ses devoirs. Et c’est la peur, conclut-il avec un large sourire statisfait, quelque peu provocateur. – C’est la loi, objecte Sobtchak. – Et c’est aussi la peur d’enfreindre la loi, rétorque-t-il”. Kontchalovski résume ici le fond de la pensée politique à l’oeuvre actuellement en Fédération de Russie, prônant le retour à la peur, qui n’est pas la terreur, mais un système qui, comme elle, s’infiltre par tous les pores de la société, pour susciter l'”apathie”, et la docilité aux directives, sinon d’un Etat, du moins d’un “régime politique” qui n’a pas trouvé d’autres moyens pour se légitimer. Une peur d’ailleurs présente, comme exorcisée, dans les mots d’ordre des jeunes manifestants de janvier et d’avril : “Nous n’avons pas peur”, qui allait de pair avec : “l’amour est plus fort que la peur”.

Dans ces conditions, l’on peut se demander quelle sorte d’attractivité la Fédération de Russie peut bien exercer, qui entend jouer un rôle d’influence, comme tout Etat doté d’une relative puissance, afin de défendre ses intérêts de par le monde. Cette influence passe notamment par le holding Rossia Segodnia, qui finance les agences Russia Today et Sputnik, lesquelles traitent de l’actualité locale du point de vue du gouvernement fédéral russe, sans jamais donner d’informations qui aillent au-delà des communiqués officiels à propos de ce qui a réellement lieu en Fédération de Russie. On peut d’ailleurs observer que Frédéric Taddeï, le faire valoir de Russia Today France en prime time, n’a traité dans l’année écoulée ni de la Biélorussie, qui pourtant a fait la une des médias à l’automne dernier, et continue à le faire, ni de l’assassinat de Samuel Paty. Quinze jours après le drame, il recevait pourtant François Bégaudeau (15), qui avait en son temps justifié la destruction de l’Education nationale en jouant les animateurs démagos dans un collège de quartier. Bien qu’ils aient introduit sur la “tragédie”, du coronavirus, ni l’un ni l’autre n’a jugé bon d’évoquer celle qu’avait vécu Samuel Paty. Le traitement de l’information sur RT et Sputnik est d’ailleurs identique à celui que l’on peut observer sur la chaîne de télévision Rossiya 1/Planeta, où le monde de l'”Ouest” paraît toujours sur le point de s’embraser de façon apocalyptique, manifs de BLM (Black Lives Matter) et émeutes de Black Blocs à l’appui, tandis que le minimum syndical qui est montré sur la Fédération de Russie, hormis quelques calamités naturelles, esquisse l’image d’un pays où tout va bien, géré de main de maître par un homme qui à soi seul sature l’écran en permanence.

Nombre de politiques et de faiseurs d’opinions succombent pourtant à ce mirage, par ignorance ou par idéologie, l’une n’allant pas sans l’autre, sans compter l’attractivité que les régimes autoritaires exercent sur les libéraux, au sens économique du terme. Marine Le Pen a fait le voyage à Moscou en 2017, un mois avant les présidentielles, petit chaperon bleu reçue dans un salon du Kremlin tout tendu de bleu par un maître de maison affable, auquel elle adressait un sourire compatissant, comme pour effacer l’injuste incompréhension dont l’homme aurait été jusque-là victime. Peu après eut lieu le miracle du premier tour, Le Pen, jugée plus apte à défendre les idées de droite qu’un Fillon discrédité par son goût du lucre, rééditant l’exploit du père en 2002. Face à Emmanuel Macron, déjà ressenti comme mal taillé pour la fonction, tout espoir semblait permis pour une victoire des souverainistes, après le ralliement de Dupont-Aignan, brisant le fameux plafond de verre, qu’on ne cessait alors d’évoquer comme pour conjurer le sort. Las, cet apport n’aura pas produit la dynamique espérée, et après l’effondrement de Le Pen lors du débat avec Macron, la France allait élire un inconnu qui lui promettait monts et merveilles. Que s’est-il passé ? Le Pen faisait campagne pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne, ce dernier point étant très populaire chez les Français, qui avaient majoritairement voté contre la constitution européenne en 2005. On peut supposer que la candidate, qui n’est pas économiste, ayant quasiment abandonné le premier point au moment de l’alliance avec Dupont Aignan, négociée chez un homme d’affaire très lié à la Fédération de Russie, a été prise au dépourvu dans une stratégie qu’il lui a fallu alors revoir au dernier moment. Observons d’ailleurs que Poutine a récemment fait savoir qu’il proposait d’utiliser l’euro plutôt que le dollar dans les transactions sur le gaz avec l’Europe, North Sream 2 oblige (16).

Fillon lui, aux prises avec un véritable acharnement judiciaire, attendait son heure. Dès la fin de l’année 2017, il liquidait sa “sulfureuse société 2F Conseil” au profit d’une nouvelle, nommée Apteras, ayant pour objet “le conseil pour les affaires et autres conseils de gestion”, domiciliée chez Tikehau Capital, où Fillon était associé depuis septembre 2017, “spécialisée dans le rachat de dettes d’entreprises, en plus de ses activités dans l’immobilier et la gestion d’actifs” (17). En mars dernier, alors que les relations du Kremlin avec l'”Ouest” étaient au plus bas, suite à l’affaire Navalny et aux tensions avec l’Ukraine, Poutine était tout heureux de confier à de jeunes volontaires que la veille il avait reçu un “collègue étranger venu à Moscou pour affaires”, lequel s’était ébaudi de l’animation moscovite alors que les capitales occidentales étaient confinées. Le journal Kommersant révélait qu’il s’agissait de François Fillon. A cette occasion, il avait disserté à la Chambre de Commerce et d’Industrie franco-russe à Moscou sur “les possibilités de développement et de renforcement des relations d’affaires entre les deux pays, mais aussi des perspectives de collaboration. A également été abordée la nécessité de l’annulation des sanctions économiques”, prises suite à ce qui a été qualifié d’annexion de la Crimée. On le voit, un programme ambitieux, et sans aucun doute nécessaire. Mais à quel titre Fillon allait-il le mettre en oeuvre, lui qui a déclaré qu’il était désormais en retrait de la politique ?

Le 11 juin dernier, le site du télécanal Dojd (18) révélait une proposition du Premier ministre Mikhaïl Michoustine, de nommer Fillon, “président de la compagnie Apteras SARL”, dans le directorat de Zaroubejneft, société d’Etat créée à l’époque soviétique et spécialisée dans la prospection pétrolière (19). Fillon s’y trouve en bonne compagnie, les co-directeurs étant, outre les dirigeants de la société, les vice-ministres des Finances et de l’Energie de la Fédération de Russie, le conseiller du président de Gazprombank et le vice-directeur de l’Agence de gestion de la propriété d’Etat, RosImouchestvo. La presse française emboîtait le pas et informait que la société créée par Fillon travaillait déjà avec des entreprises françaises implantées en Fédération de Russie. Il se dit par ailleurs que des liens auraient été tissés entre Fillon et Poutine alors qu’ils étaient tous deux Premier ministre. Il s’agit en tout cas d’une belle prise pour ce dernier, qui a déjà dans son escarcelle l’ancien chancelier Schröder et l’ex-ministre des Affaires étrangères autrichienne Karin Kneissl, tous deux à la tête de Rossneft. Quant à Fillon, il va peut-être également conseiller un futur candidat aux présidentielles françaises de 2022. Peut-être Xavier Bertrand, en passe de dérober la région “Haut-de-France” aux appétits du Rassemblement national de Marine Le Pen, ou bien qui sait, son ancien challenger, lui aussi dans une bien mauvaise passe.

Poutine serait ainsi en position de force sur le continent européen, ce qui lui permet d’à nouveau proposer, à l’occasion du 80ème anniversaire de l’invasion de l’URSS par l’Allemagne nazie, la création “d’un espace uni de collaboration et de sécurité de l’Atlantique à l’océan Pacifique, qui inclurait différents formats d’intégration, notamment l’Union européenne et l’Union économique eurasiatique” (20). Une façon de revenir sur ce qui a été à l’origine de la crise ukrainienne, où la Fédération de Russie s’était montrée particulièrement intransigeante à propos des nécessaires ajustements entre ces “formats d’intégration”, intimant à Kiev de choisir entre les deux, le commissaire tchèque à l’élargissement de l’Union européenne, Stefan Fühle, n’étant pas en reste dans l’intransigeance. Cette position de force lui a d’ailleurs été également reconnue par le président américain Biden, par dessus la tête de l’Union européenne, lors de leur rencontre à Genève le 16 juin dernier.

Trois ans après avoir triomphalement énoncé le projet de création d’une nouvelle panoplie nucléaire sur vecteurs hypersonique et non balistiques (21), Poutine a semblé à cette occasion arriver à ses fins, par la signature d’un brève déclaration commune avec le président américain, dont le second et dernier paragraphe énonce que “la récente prolongation de l’accord START (sur la réduction des armes stratégiques nucléaires entre les Etats-Unis et la Fédération de Russie signé en avril 2010), constitue le témoignage de notre engagement pour le contrôle des armes nucléaires, prenant en compte le fait que dans une guerre nucléaire il ne peut y avoir de vainqueur et qu’elle ne doit jamais être déclenchée”. Ainsi semble être réédité le principe de la dissuasion nucléaire, qui avait présidé à l'”équilibre de la terreur” pendant la guerre froide, mais également permis la stabilité d’un monde prévisible, cher à Poutine, payée cependant au prix fort par les nations placées sous le joug totalitaire soviétique. A ce sujet, le communiqué publié par le sommet de l’OTAN deux jours avant, observe que “la stratégie nucléaire de la Russie ainsi que son programme complet de modernisation, de diversification et d’expansion de ses systèmes d’armes nucléaires – y compris l’augmentation du nombre de ses armes nucléaires non stratégiques et leur perfectionnement – contribuent toujours davantage à une posture d’intimidation stratégique se faisant plus agressive”.

Peu avare de triomphalisme sur nombre de sujets, Dmitry Kisselev, l’éditorialiste peu nuancé du récapitulatif hebdomadaire le dimanche soir sur Rossiya 1/Planeta, a présenté le communiqué de Genève comme une victoire de son pays, arrachée par sa prétendue désormais supériorité stratégique en matière d’armement nucléaire. C’était, comme à son habitude, aller un peu vite en besogne. En effet, en quoi a consisté cette rencontre entre deux hommes qui semblent pratiquer, sinon une langue commune, du moins un langage commun ? En un deal proposé par Biden : un accord sur des questions stratégique, en matière d’armement et de cybersécurité, contre des preuves à donner, également sur des questions qui ne le sont pas moins. “Nous allons découvrir dans les six mois à un an si nous avons en fait un dialogue stratégique qui vaille, a déclaré le président américain lors de sa conférence de presse. Nous allons découvrir si nous allons parvenir à gérer tout cela ou non, à commencer par la libération des gens dans les prisons russes. Nous allons découvrir si nous allons avoir un accord de cybersécurité qui commence à apporter de l’ordre” (22).

Le journaliste du New York Times lui demandant s’il considérait que Poutine continuait à jouer un rôle de perturbateur envers l’OTAN et les Etats-Unis, Biden a énoncé une autre partie du deal : “je pense que la dernière chose qu’il veuille soit une guerre froide. Sans le citer – ce qui serait inapproprié – laissez moi poser une question rhétorique : vous avez plusieurs milliers de kilomètre avec la Chine. La Chine va de l’avant, acharnée sur sa prédestination, cherchant à devenir la plus puissante économie au monde et la plus grande et la plus puissante force militaire au monde. Vous êtes dans une situation où votre économie est en difficulté, vous avez besoin de la stimuler de façon plus agressive, en termes de croissance. Je ne pense pas qu’il ait pour projet une guerre froide avec les Etats-Unis”. Biden explique là le point de bascule des deux pays dans leur relation, vis à vis d’un tiers, la République populaire de Chine. Le retournement de la politique américaine envers la Russie est nécessitée par le danger que représente la Chine depuis le congrès du PC chinois de 2017, qui a clairement défini son projet hégémonique, et depuis la modification constitutionnelle qui a accordé un présidence à vie à Xi Jinping. Courtisé par Biden comme par Fillon, Poutine devrait ainsi trouver son compte dans le développement de relations avec l’Ouest, qui lui permettrait de desserrer l’étreinte d’une alliance asymétrique avec la Chine. Tout récemment, Macron et Merkel ont d’ailleurs invité leur homologue russe au prochain sommet de l’UE.

Lors de sa conférence de presse à Genève, le président Poutine s’est déclaré satisfait de la réunion qui selon lui avait été “globalement efficace, objective, concrète, et qui s’est déroulée dans une atmosphère qui a permis de parvenir à des résultats”. Concernant le règlement de la question ukrainienne, les deux parties s’en sont tenues à rappeler la nécessité de la réalisation des accords de Minsk, sans préciser où les pourparlers continueraient à avoir lieu, maintenant que Loukachenko est disqualifié pour les accueillir. Interrogé le lendemain sur Radio Echo de Moscou, le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov a évoqué la participation des Etats-Unis à des discussions qui jusque-là étaient réservées aux membres du format Normandie, autre signe de la volonté de Biden de passer par-dessus ses “alliés” européens. Poutine a cependant été quelque peu malmené par les journalistes américains, qui avaient été autorisés à participer à sa conférence, contrairement à celle de Biden, fermée à la presse fédérale russe. Précisément sur les questions de liberté politique et de liberté de la presse. A une question sur l’opposition “hors système” et le cas de Navalny, il a répondu : “le citoyen auquel vous faites allusion, en premier lieu, savait pertinemment qu’il enfreignait les lois en vigueur en Russie : il devait pointer (à l’administration de l’application des peines) pour avoir été deux fois condamné avec sursis. Il a consciemment, je veux le souligner, ignoré les exigences de la loi : ce Monsieur est allé à l’étranger se faire soigner, on ne l’a pas obligé à s’enregistrer. Dès qu’il est sorti de l’hôpital et qu’il a diffusé sa vidéo sur internet, cette exigence a été formulée. Il l’a ignorée, on a émis un avis de recherche. Il le savait et est rentré délibérément pour se faire emprisonner, et il y a réussi”.

Un défaut dans cet impeccable raisonnement : Navalny, auquel il accorde un statut éminent en ne le nommant pas, tout en déroulant le fil de ses activités, et notamment la vidéo sur le château de Guelendjik le concernant, n’est pas “consciemment allé se faire soigner à l’étranger” : il était encore plongé dans le coma. Et s’il est rentré en Russie, sachant le sort qui lui était réservé, c’est tout à son honneur. Une autre journaliste américaine lui demande pourquoi le FBK a été déclaré organisation extrémiste et ses membres interdits de se présenter aux élections, “de quoi avez-vous peur ?” l’interroge-t-elle. Poutine lui répond que “cette organisation a publiquement appelé à des désordres massifs, des mineurs à s’y joindre, ce qui est interdit par la loi, et a publiquement donné des instructions comme par exemple comment confectionner des cocktails molotov”. Il a là été pris en direct en flagrant délit de mensonge, qui plus est dans le cadre d’une affaire judiciaire qui a conduit à l’interdiction d’une organisation de lutte contre la corruption d’Etat en Fédération de Russie, et aux poursuites judiciaires contre ses membres. Ce que se sont empressés de souligner Navalny, qui conserve un compte Instagram, et Sobol, sur sa nouvelle chaîne YouTube (23).

Pourquoi ce dérapage ? La question de la journaliste, inopinément, mais pertinemment, retourne le thème de la peur, que Kontchalovski voudrait à nouveau voir éprouver par les Russes, en celle du pouvoir face à la liberté de ses concitoyens. La liberté de dénoncer la corruption sévissant dans le “régime politique” créé par Poutine, jusque-là tolérée, et permettant à certains de régler leur compte à leurs adversaires au sein du “régime”, mais devenant problématique à mesure que cette dénonciation grimpait les échelons du pouvoir, comme la vidéo dénonçant la corruption de Mevedev, qui a fait 43 millions de vues. Une peur devenue irrépressible, lorsque le FBK s’est mué en organisation politique, voulant se présenter aux élections, au moment où Navalny, avant des élections locales, entreprenait sa tournée sibérienne, réalisant deux vidéos percutantes sur les activités mafieuses des représentants locaux de Russie Unie à Novossibirsk et à Tomsk, avant qu’il ne sombre dans le coma dans l’avion qui devait le ramener à Moscou, et qui s’est arrêté à Omsk.

Au-delà des satisfecit donnés par ses participants, des observateurs à Genève ont cependant observé que la réunion avait été écourtée, et que la délégation russe était repartie précipitamment en faisant grise mine, sans que Poutine ne rencontre le président suisse, comme cela était prévu. La raison pourrait en être un point des discussions portant sur l’échange des prisonniers, sur quoi peu a filtré. Et notamment sur le cas de Vladislav Kliouchine, dont Gotham City, un site spécialisé dans les sources judiciaires, a révélé le 8 juin qu’il avait “été arrêté lors d’un séjour en Valais, en mars dernier, à la demande des autorités américaines”, pour délit d’initié. Le site précisait que “cet homme d’affaires est un proche d’Alexeï Gromov, un haut cadre de l’administration présidentielle russe, considéré comme ‘la personne en charge du contrôle des médias par le Kremlin’ et placé sous sanctions américaines il y a deux mois. Kliouchine serait le créateur d’un puissant système de surveillance des médias utilisé par les services russes. Actuellement détenu à Sion, il s’oppose à son extradition vers les Etats-Unis. L’information ressort d’un arrêt du Tribunal fédéral (TF) rendu public quelques jours seulement avant la rencontre des présidents Joe Biden et Vladimir Poutine à Genève le 16 juin”.

Selon le journal suisse en ligne Le Matin, reprenant une information du Temps, “de par sa connaissance intime des technologies russes d’information – et de désinformation -, l’homme pourrait révéler des secrets dommageables pour le Kremlin”, précisant que “le contenu de l’acte d’accusation émis par la cour de district du Massachusetts le 19 mars 2021 n’est pas connu” (25). Toujours est-il que Kliouchine fait l’objet d’une demande d’extradition, émise le 20 mai dernier par les Etats-Unis. Soulignant que la publicité sur cette affaire avait été faite huit jours avant la rencontre, Le Matin émettait l’hypothèse que Poutine et Biden règleraient l’affaire en tête-à-tête. Ce qui ne semble pas avoir été le cas, du moins ce jour-là. Selon le media russe en ligne Meduza, “Kliouchine est connu en Russie comme propriétaire de la SARL ‘M13’, gros fournisseur de services de surveillance des médias et des réseaux sociaux pour l’administration présidentielle de la Fédération de Russie, les ministères fédéraux et d’autres organes d’Etat” (26). Le système de surveillance des média réalisé par M13 pour le Kremlin, nommé “Katioucha”, est en place depuis 2016, précise Meduza, qui ajoute que depuis janvier 2021, un contrat complémentaire a été signé portant sur “la surveillance des médias, de Messenger et des réseaux sociaux, ainsi que l’analyse des communications concernant les processus électoraux, les partis politiques et l’opposition hors-système, ainsi que les réactions des citoyens aux événements dans le pays”.

Derrière la cour du Massachussets, qui a dressé l’acte d’accusation et demandé l’extradition, se tient en fait la direction des Relations extérieures du ministère de la Justice américain. Cette affaire, qui met aux prises les gouvernements russe et américain, montre le rôle plus que jamais stratégique de la communication dans la gestion des Etats et les relations internationales. La mondialisation telle qu’elle est, avec les interpénétrations toujours plus grandes qu’elle suscite, ne permet pas le maintien de régimes autoritaires ou totalitaires, qui ont toujours bénéficié du secret. Le manque de transparence des autorités chinoises sur le déclenchement de la pandémie de coronavirus à Wuhan fin 2019 , ou la rétention d’information sur le tout récent incident de la centrale atomique EPR à Taïshan, sont l’exemple même du danger que font encourir ces régimes à leur population, et au reste de la planète (27).

Frédéric Saillot, le 24 juin 2021

(1) : https://www.whitehouse.gov/briefing-room/speeches-remarks/2021/06/16/remarks-by-president-biden-in-press-conference-4/
(2) https://www.kommersant.ru/doc/4838065?from=main_2
(3) https://www.youtube.com/watch?v=97-IaXBUKOE
(4) https://ria.ru/20210511/simonyan-1731834875.html
(5) https://www.youtube.com/watch?v=1V4Kh5Z9w6s&t=80s
(6) https://www.youtube.com/watch?v=Yr4f7m69-F4
(7) https://www.facebook.com/soboll.ru/posts/2939596346298216
(8) https://tvrain.ru/news/reuters_kreml_schitaet_edinstvennym_ostavshimsja_oruzhiem_komandy_navalnogo_umnoe_golosovanie-529520/
(9) https://www.youtube.com/watch?v=c1pnSG9tIr8
(10) https://tvrain.ru/news/profsojuz_moskovskogo_metro_soobschil_ob_uvolnenii_100_sotrudnikov_iz_za_slitoj_bazy_storonnikov_navalnogo-530013/
(11) https://tvrain.ru/news/glava_ran_iz_za_zakona_o_prosvetitelskoj_dejatelnosti_v_rossiju_ne_smogut_priezzhat_inostrannye_lektory-530042/
(12) https://www.kommersant.ru/doc/4857301
(13) https://www.youtube.com/watch?v=EImDCMrfC1M
(14) “Guébiste” : agent du KGB. En russe les “corbeaux noirs”, fourgons aveugles dans lesquels étaient convoyés les victimes de la Tchéka, Guépéou, KGB, NKVD, etc. au cours des différentes vagues de terreur en URSS.
(15) https://www.youtube.com/watch?v=rfe4hkJebFU
(16) https://fr.sputniknews.com/economie/202106041045690944-poutine-favorable-a-ce-que-leurope-regle-le-gaz-russe-en-euros-et-pas-en-dollars/
(17) https://www.capital.fr/entreprises-marches/francois-fillon-ouvre-une-nouvelle-societe-de-conseil-1261913
(18) https://tvrain.ru/news/eks_premera_frantsii_fransua_fijona_vydvinuli_v_sovet_direktorov_zarubezhnefti-531737/
(19) http://publication.pravo.gov.ru/Document/View/0001202106110111?index=1&rangeSize=1
(20) http://www.kremlin.ru/events/president/news/65899
(21) https://www.eurasiexpress.fr/du-coulage-du-koursk-a-la-panoplie-anti-anti-missile-les-enjeux-de-la-presidentielle-russe/
(22) https://www.whitehouse.gov/briefing-room/speeches-remarks/2021/06/16/remarks-by-president-biden-in-press-conference-4/
(23) https://tvrain.ru/news/navalnyj_o_slovah_putina_pro_fbk_i_ego_zaderzhanie-532062/
https://www.youtube.com/watch?v=nBnUo54_FjI&feature=youtu.be
(24) https://gothamcity.ch/2021/06/08/un-proche-du-kremlin-arrete-en-suisse-a-la-demande-des-etats-unis/
(25) https://www.lematin.ch/story/cette-affaire-va-t-elle-empoisonner-le-sommet-de-geneve-677390630618
(26) https://meduza.io/feature/2021/06/09/biznesmen-vladislav-klyushin-razrabotavshiy-dlya-kremlya-sistemu-monitoringa-smi-katyusha-zaderzhan-v-shveytsarii-kak-vyyasnila-meduza-ego-ekstradiruyut-v-ssha
(27) https://www.lefigaro.fr/flash-eco/epr-framatome-surveille-un-des-parametres-de-fonctionnement-de-la-centrale-nucleaire-chinoise-de-taishan-20210614
https://www.lefigaro.fr/societes/nucleaire-tensions-entre-edf-et-la-chine-apres-l-incident-de-taishan-20210618